Estagel Nouveau Souffle

Élections municipales 2026

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🌾 Axe 2 du programme Estagel Nouveau Souffle

🌍 Agriculture et planification écologique


🍷 Le vin : un produit, une culture

Le vin est un produit marchand bien sûr. Mais c’est aussi une culture.


⚠️ La réforme qui tue le vin et favorise le liquide vineux

La Commission européenne a présenté en 2006 un projet de réforme de l’organisation du marché du vin destiné à mettre la viticulture européenne au standard du marché mondial.
Normaliser le goût pour faire un marché unique.

Les divers gouvernements qui se sont succédés en cogestion avec la FNSEA se sont inscrits dans cette logique libérale. Jusque là la liste des pratiques œnologiques admises ou interdites était du seul ressort des Etats. A présent cette compétence est transférée à la Commission Européenne. La Commission veut normaliser les pratiques européennes sur le modèle des pratiques de l’industrie viticole du « Nouveau Monde ».

Parmi ces pratiques, jusque là honnies, on trouve notamment le mélange de vins de diverses origines ou couleurs. Ou encore l’adjonction au vin de toutes sortes d’additifs : des copeaux de bois, aux levures OGM en passant par des additifs aromatiques voire des colorants. Sans parler de techniques de vinification dignes de l’industrie chimique : osmose inverse pour concentrer les mouts issus de raisins à trop gros rendements, utilisation de neige carbonique pour conduire les macérations …

Toutes ces innovations, courantes dans le « nouveau monde », ne visent évidemment qu’un seul objectif. Il s’agit de réduire les coûts de fabrication à court terme. Mais surtout à standardiser le plus possible le goût du produit sur de très grandes quantités. Par exemple, l’élevage en barrique de chêne étant jugé trop long et coûteux, on va utiliser les déchets de menuiserie, les fameux copeaux, très peu couteux, pour boiser les vins à grande vitesse.


🌱 Écologie et modèle viticole

On le comprend, le modèle « œnologique » de la commission européenne participe d’un modèle viticole productiviste et industriel. Pas besoin de ménager les sols ou la plante quand on peut reconstruire le goût du vin dans sa fabrication. Ce modèle laisse donc libre cours à l’irrigation, aux engrais de synthèse et aux pesticides, au service de l’augmentation des rendements. Là où la quête de qualité du modèle des AOC conduisait au contraire à les réduire.

Les pratiques œnologiques « modernes » du Nouveau Monde nécessitent aussi souvent des installations technologiques peu compatibles avec une agriculture paysanne de petites exploitations.


📉 Contraint·es de vendre à perte

Depuis des années, la viticulture française subit les effets d'une libéralisation sans vision : dérégulation des droits de plantation, course aux volumes, financiarisation du foncier et désengagement de l'État. Résultat : une surproduction chronique, des prix au plus bas et des viticulteur·rices contraint·es de vendre à perte.

De plus, les paysan·nes sont pris en étaux entre l'amont qui les pousse aux investissements matériels subventionnés de plus en plus couteux et l'aval (négoce, grande distribution) qui maintient ses marges au détriment des producteur·rices.

Amplifiée par le dérèglement climatique, la viticulture française est confrontée à une crise majeure : une récolte historiquement basse, des prix qui ne permettent plus de vivre, des trésoreries inexistantes, des charges qui explosent, les caves pleines …

La crise du vin va durer tant que l’on n’aura pas réglé le cœur du problème c’est-à-dire les prix ! Aujourd’hui, les viticulteurs vendent le vin à 50 % en dessous du coût de revient. Les négociants ne jouent pas le jeu. Les prix d’achat sont à “ras des pâquerettes“ et le prix de vente dans les grandes distributions n’a pas baissé.

« Lâcher des vins à 2,5£ ne rémunère pas un vigneron. Il le fait car il est pris à la gorge »


🪓 L’arrachage : un faux remède

130 millions d’euros pour… arracher des vignes. C’est la coquette somme mise sur la table par la ministre de l’Agriculture. Une nouvelle enveloppe pour tenter d’éponger une filière viticole qui enchaîne les crises. 200 millions par ci, 120 millions par là : depuis 2020, l’État a signé de nombreux chèques pour permettre à la filière de sortir de la crise. Celle-ci est en surproduction, notamment à cause de la baisse de la consommation de vin en France.

Il faut faire autrement, toute offre a besoin de sa demande. Sans régulation, c'est la loi du plus fort qui s'impose et les plus petits disparaissent. Il est nécessaire de sortir du cycle surproduction / aide d'urgence / distillation / arrachage dans lequel s'enferme la filière depuis des décennies. La viticulture doit prendre de la hauteur pour répondre aux défis du XXIème siècle.

Pour ce faire l'arrachage n’est pas la solution. S’il doit se faire, il doit s'inscrire dans une vision stratégique de long terme qui servira à restructurer la filière, plutôt que de servir à liquider les petites fermes au profit d'un modèle industriel à bout de souffle. L'arrachage doit être conditionné pour permettre la diversification et/ou l'installation de nouveaux paysan·nes. Nous ne pouvons pas accepter un paysage de friches synonyme d'abandon du territoire.


🤝 Une équipe municipale aux côtés du monde agricole

Au niveau de la municipalité l’équipe Estagel Nouveau Souffle sera attentive à l’évolution de la situation et soutiendra les viticulteurs engagés dans une démarche non productiviste et respectueuse de l’environnement. Pour ce faire nous mettrons en place une foncière agricole locale qui favorise et encourage l’installation de nouveaux paysans engagés dans le cycle vertueux qui conciste à ne pas prendre plus à la nature que ce qu’elle peut reconstituer.

Nous proposons à celles et ceux qui se regroupent autour de CUMA de s’installer dans la nouvelle zone artisanale.


🏛️ La « deuxième église du village »

Les caves coopératives ont été créées, il y a plus d’un siècle, comme un outil de mise en commun des moyens de production. En France, 570 caves coopératives produisent 60 % des raisins destinés à la production de vin et en vinifient 37 % (hors Cognac). En Occitanie, premier vignoble national en termes de surface agricole, on en dénombre 230. Elles sont dirigées par un conseil d’administration élu par les adhérents.


🚨 La crise viticole frappe de plein fouet les caves coopératives

La crise viticole frappe de plein fouet les caves coopératives, qui voient leurs stocks s’alourdir, leurs trésoreries s’alléger et leurs fragilités devenir des difficultés les mettant en péril. Il est urgent de débloquer rapidement la mise en œuvre du soutien de 10 millions € aux restructurations promis par l’état. Plus on attend et plus les dégâts vont être importants.

Il faut des prix minimums garantissant la rémunération du travail paysan, couplé à une régulation et répartition des volumes de production. Ces prix devront être construits à partir de prix minimum d'entrée à l'importation pour contrer la concurrence déloyale.

Sur toute ces questions l’équipe municipale sera avec les viticulteurs pour créer le rapport de force nécessaire à la réponse de ses légitimes revendications.